La vie

Le « Regina Caeli » chanté par la communauté

Les frères et sœurs de Marie, Vierge Missionnaire, sont appelés à une vie consacrée et communautaire à la suite du Christ à travers un charisme marial, semi-érémitique et missionnaire. Ils accueillent Marcel Van et sainte Thérèse de Lisieux comme leurs deux visages majeurs sur les voies de l’enfance évangélique et mariale. Enracinés dans la Terre du Carmel, ils vivent aussi du double esprit d’Élie avec la tradition vivante du Carmel thérésien. Concrètement, cela s’actualise pour eux dans une fidélité au quotidien…

Avec photos et textes, nous vous partageons ici les 12 chapitres de notre Règle de vie qui décrivent l’esprit et les actes de notre vie religieuse qui nous fait tendre à être l’Amour au cœur de l’Église et du monde.

 

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1. Vie communautaire et ouverture érémitique

75- La grâce de la Vierge Missionnaire est une vie communautaire qui s’inspire d’un retour aux sources du Carmel où s’équilibrent solitude et communion.

Appelé à vivre de l’esprit de la Règle de vie, tu actualiseras ta fidélité à travers l’horaire quotidien où sonnent pour la communauté les rendez-vous avec l’Époux (2 Co 6,2).

Dans la liberté d’un cœur qui se donne, vis avec sérieux et profondeur l’humble quotidien dans la foi et la paix du Cœur de Marie : chaque instant est un trésor où se profile déjà l’éternité (2 Co 4,7-18).

Chaque instant est un trésor pour aimer et sauver avec Jésus.

 

 

  • 06h30 Lever
  • 07h00 Lectio mariale / Oraison
  • 08h00 Angélus / Laudes
  • 08h30 Petit déjeuner / Lectio mariale
  • 10h00 Vigilance mariale
  • 10h30 Messe Dominicale
  • 12h30 Angélus / Repas festif
  • 14h00 Temps libre
  • 17h30 Vigilance mariale
  • 18h00 Vêpres / Adoration Eucharistique
  • 19h30 Repas / Réunion de travail
  • 20h30 Vaisselle
  • 21h30 Complies puis GRAND SILENCE
  • 21h45 Lecture missel
  • 22h00 ou 22h30 Coucher

    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio Mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes
    • 8h00 Eucharistie
    • 08h45 Petit déjeuner
    • 9h15 Lectio Mariale / Lecture spirituelle
    • 10h30 Étude
    • 12h30 Angélus / Vigilance Mariale
    • 13h00 Repas en self
    • 14h00 Repos / Promenade solitaire
    • 15h30 Travail manuel ou Activité artistique
    • 16h30 Lecture spirituelle
    • 17h30 Vigilance mariale
    • 18h00 Vêpres
    • 18h30 Oraison
    • 19h30 Angélus / Repas
    • 20h30 Vaisselle en silence
    • 20h00 Lecture missel et lecture biblique
    • 21h00 Complies en solitude

GRAND SILENCE

    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes / Eucharistie
    • 08h30 Petit déjeuner
    • 09h15 Lectio mariale / Lecture biblique
    • 10h00 Travail manuel
    • 12h30 Angélus / Vigilance mariale
    • 13h00 Repas
    • 14h00 Repos / Temps libre
    • 15h15 Travail manuel ou Étude
    • 16h15 Goûter (facultatif)
    • 16h30 Lecture spirituelle
    • 17h30 Vigilance mariale
    • 18h00 Vêpres / Oraison / Angélus
    • 19h15 Repas
    • 20h00 Récréation
    • 21h00 Complies

GRAND SILENCE

  • 21h30 Lecture missel (et biblique)
  • 22h00 ou 22h30 Coucher
    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes / Eucharistie
    • 08h30 Petit déjeuner
    • 09h15 Lectio mariale / Lecture biblique
    • 10h00 Travail manuel
    • 12h30 Angélus / Vigilance mariale
    • 13h00 Jeûne (du 14 sept. à Pâques sauf temps de Noël et Solennités)
    • 14h00 Repos / Temps libre
    • 15h15 Enseignement ou Travail ou Étude
    • 16h15 Goûter (facultatif)
    • 16h30 Lecture spirituelle
    • 17h30 Vigilance mariale
    • 18h00 Vêpres / Oraison / Angélus
    • 19h15 Repas
    • 20h00 Récréation ou Partage spirituel ou Coulpes communautaires
    • 21h00 Complies

GRAND SILENCE

    • 21h30 Lecture missel (et biblique)
    • 22h00 ou 22h30 Coucher

« Dans le silence et l’espérance sera votre force. » (Règle du Carmel)

    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes
    • 08h00 Petit déjeuner
    • 08h45 Lectio mariale / Lecture biblique
    • 09h30 Travail manuel
    • 12h00 Angélus / Vigilance mariale
    • 12h30 Repas
    • 13h30 Repos / Temps Libre
    • 14h45 Enseignement ou Travail ou Étude
    • 15h45 Goûter (facultatif)
    • 16h00 Lecture spirituelle
    • 17h00 Vigilance mariale
    • 17h30 Vêpres / Eucharistie
    • 18h30 Adoration Eucharistique / Angélus
    • 19h15 Repas évangélique
    • 20h30 Vaisselle en silence
    • 21h00 Chant à Marie

GRAND SILENCE

  • 21h15 Lecture missel (et biblique)
  • 22h00 ou 22h30 Coucher
    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes / Vénération de la Croix
    • 08h00 Petit déjeuner
    • 08h45 Lectio mariale / Lecture biblique
    • 09h30 Ménages / Travail manuel
    • 12h00 Angélus / Vigilance mariale
    • 12h30 Jeûne (du 14 sept. à Pâques sauf temps de Noël et Solennités)
    • 13h30 Repos / Temps Libre
    • 14h45 Enseignement ou Travail ou Chapitre ou Réunion communautaire
    • 15h45 Goûter (facultatif)
    • 16h00 Lecture spirituelle
    • 17h00 Vigilance mariale
    • 17h30 Vêpres / Eucharistie / Oraison
    • 19h15 Vénération de la Ste icône de Marie pour l’entrée en désert
    • 19h30 Repas en self
    • 20h15 Lecture missel et lecture biblique
    • 21h00 Complies en solitude

GRAND SILENCE

  • Entre 21h30 et 22h30 Coucher

    • 06h00 Lever
    • 06h30 Lectio Mariale / Oraison
    • 07h30 Angélus / Laudes
    • 8h00 Eucharistie
    • 08h45 Petit déjeuner
    • 9h15 Lectio Mariale / Lecture biblique
    • 10h30 Travail manuel ou Étude
    • 12h30 Angélus / Vigilance Mariale
    • 13h00 Repas en self
    • 14h00 Repos / Temps libre
    • 15h30 Travail manuel ou Étude
    • 16h30 Lecture spirituelle
    • 17h30 Vigilance mariale (fin du désert)
    • 18h00 Vêpres de la Résurrection (du Retour en Avent, de la Miséricorde en Carême)
    • 19h15 Angélus / Repas festif
    • 20h30 Vaisselle en silence
    • 21h15 Grand Salve

GRAND SILENCE

  • 21h30 Lecture missel
  • 22h ou 22h30 Coucher

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2. Vie liturgique : beauté et sobriété

Vie liturgique, beauté et sobriété 1/277- Fidèles à l’esprit du Carmel, notre vie liturgique restera simple en suscitant cette louange qui vient du silence (Lc 1, 46-47). On suivra la liturgie des heures de l’Église en l’étoffant d’hymnes polyphoniques et de temps de prière spontanée (à Laudes et à Vêpres après les intercessions (Ep 5, 19-20)). Dans l’enrichissement progressif de notre liturgie (hymnes, tropaires, répons), on gardera ce caractère de beauté et de sobriété en harmonie avec la vie d’oraison silencieuse.

N’oublie jamais que dans la liturgie, tu es la voix du Christ(Ap 15, 1-4))[260].

Aussi, sois présent et fervent en étant tout éveillé en ta foi[261] car  » celui qui chante prie deux fois (Col 3, 16-17)[262]« .

Tu accueilleras donc avec un immense respect la liturgie car c’est là que l’Église exprime sa foi[263] , qu’elle te nourrit de la Parole de Dieu et des sacrements du salut. Elle est le lieu privilégié où tu célèbres la gloire de Dieu en communiant à la liturgie céleste (Ap 19, 5-9). A travers l’harmonie des signes (chants, paroles, instruments de musique, actes liturgiques, icônes[264]…) s’opère la sanctification de ton cœur (Ap 5, 6-10)[265].

 

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3. Vigilance mariale et oraison silencieuse


78- En communauté, tu aimeras de plus en plus la vigilance mariale, qui est la fidélité au rosaire quotidien[266]. Tu t’appliqueras à dire cette prière vocale avec toujours plus d’attention, de calme et d’amour selon l’enseignement de Sainte Thérèse d’Avila[267]. Cette vigilance commence à l’aurore de chaque jour par la lectio mariale qui illumine, nourrit et unifie ton cœur en celui de Marie pour le préparer à la grâce de l’oraison silencieuse (Lc 2, 19 / Mt 6, 6))[268].

En communauté, en solitude ou en mission, demeure fidèle à la vigilance mariale quotidienne (Ps 130, 1-3). Elle ouvre en ton cœur cette voie d’enfance où Marie est source d’une mystérieuse fécondité[269] dans la fragilité de ta vie[270].

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4. Les temps de fête communautaire

79- A travers la tradition biblique, tu auras en communauté le sens de la fête : elle est détente et ressourcement pour les cœurs (Ps 80, 1-6). Elle repose et redonne force pour vivre les combats de la vie quotidienne. La fête est aussi un temps d’action de grâce au Seigneur pour sa miséricorde et sa bienveillante Providence. Elle est enfin joie partagée et douceur fraternelle dans la gratuité de l’Esprit (He 12, 18-24). C’est une expérience de communion qui est signe du banquet céleste[271].

Chaque jeudi soir, tu feras mémoire en communauté de la Sainte Cène. Prolongeant la messe et l’adoration eucharistique, le repas festif se vivra dans l’intimité du grand mystère d’amour que Jésus a donné à son Église (Jn 6, 53-58) : il est source de cette charité que tu dois célébrer et vivre avec tes frères et sœurs (Jn 15, 9-17).

Aux temps de Noël, de Pâques ou à d’autres occasions liées à la vie liturgique ou fraternelle, tu aimeras  » faire la fête  » par des soirées musicales ou théâtrales, par le chant et la danse…

Tu célèbreras avec tes frères et sœurs la joie profonde d’être enfant de Dieu (Jn 16, 20-22). En ce sens, on prévoira aussi des sorties communautaires qui favorisent la détente et l’échange dans un cadre différent.

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5. La vigilance fraternelle


80- La communauté se donnera les moyens d’exercer sa vigilance fraternelle afin que circule l’amour du Christ à travers tous ses membres (Ph 2, 1-8). Avec elle, tu demeureras vigilant à combattre tout ce qui divise et diminue la communion dans l’unique Esprit (Col 3, 12).

En ce sens, la communauté se réunira une ou deux fois par mois le vendredi après-midi pour faire le point sur la ferveur de sa vie et accueillir les appels de l’Esprit à l’écoute de Marie (2 Tim 4, 2). A partir de l’exhortation et des remarques du Prieur, la réunion communautaire se vivra dans la paix et l’écoute (1 P 1, 22-25). Elle sera un lieu constructif où chacun peut s’exprimer dans la recherche de ce qui est juste et vrai dans le Seigneur, avec cette bonne volonté qu’implique tout amour authentique pour le Christ.
Pour des questions délicates ou des décisions importantes, le Prieur réunira les frères et sœurs les plus anciens en chapitre.

81- Une ou deux fois par mois, la communauté se retrouvera le mercredi soir à la chapelle pour vivre les coulpes. Après le chant du Trisagion, chacun et chacune demandera pardon au Seigneur et à ses frères et sœurs pour ses manquements communautaires ou à la charité fraternelle (Col 3, 13-14 / 1 Jn 2, 8-11). La célébration de ce pardon se conclura par le chant du psaume 130 et les bénédictions mutuelles par un signe de la croix sur le front.

82- Pour purifier ton être et creuser en ton cœur la soif de Dieu, tu jeûneras au pain et à l’eau en communauté le mercredi midi et tout le vendredi en mémoire de Celui qui t’a aimé à en mourir sur une croix afin de te sauver (Ga 2, 19-20 / Lc 19, 10). Demande à Marie la grâce du jeûne. Il libère en ton cœur le cri secret de la prière et t’éduque au détachement de ce qui passe pour être libre en Dieu seul (1 Jn 2, 15-17). Son fruit sera une attitude fraternelle renouvelée[273].

83- Une fois par mois, le mercredi soir, tu vivras avec la communauté un partage de la Parole de Dieu ou d’un écrit spirituel d’un saint proche de la fondation. Tu apprendras là à écouter en ton cœur et à travers l’autre l’Esprit de lumière et d’amour.

84- Selon le conseil de l’Église pour les consacrés, essaie de vivre le sacrement de la réconciliation tous les quinze jours (Lc 15, 1-24). C’est le lieu merveilleux où tu apprends à être vrai sous le regard miséricordieux du Christ (Ez 36, 25-36). Là, Il te pardonne, t’apaise et te guérit pour que tu vives ensuite ce cœur nouveau comme un signe de bienheureuse espérance au milieu des hommes (Jn 6, 51-57).

85- Enfin, tu feras de l’Eucharistie la source et le sommet de chaque journée. Dans une foi profonde à la Présence réelle, tu accueilleras dans un cœur pauvre et purifié Celui qui veut demeurer en toi jour et nuit (Jn 4, 14). Sur les voies du dénuement, il travaillera ton être en secret[274] et fera jaillir en toi une mystérieuse fécondité.

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6. Les espaces érémitiques

86- Fidèle aux sources érémitiques du Carmel, la communauté vit déjà dans son rythme la dimension solitaire par les deux jours de désert hebdomadaire : le désert élianique du lundi et le désert marial du samedi qui nous unit à la foi silencieuse de Marie en attente de la Sainte Résurrection. Une fois par an, en septembre ou octobre, la communauté vivra une semaine de retraite (Os 2, 16).

On laissera cependant ouverte la possibilité d’une expérience érémitique plus prolongée pour les frères et sœurs qui s’y sentent appelés dans l’Esprit. On veillera cependant à discerner l’authenticité de cet appel en vérifiant les motivations profondes et une réelle maturité dans l’obéissance et la vie communautaire. Cette dernière est la référence fondamentale pour que la solitude ne soit pas une fuite ou une recherche égocentrique. La disponibilité du cœur à ne pas faire sa volonté fonde la vérité d’une démarche érémitique : seul un désert remis et reçu est fécond pour toi et l’Église…

Dans la grâce solitaire et prophétique[275] d’Élie notre Père, tu pourras donc dans l’obéissance vivre un désert gradué en trois dimensions :

a) le Carmel : c’est le lieu où Élie se tenait habituellement, pas trop loin des cités, prêt à annoncer le Dieu Vivant ou à intercéder (1 R 18, 42-45).
Ce sera pour toi un désert de proximité de 3 à 6 jours que l’on peut commencer au noviciat.

b) le Kérit : sur appel de Dieu, Élie a été conduit dans ce lieu solitaire où tout était prévu pour qu’il vive en paix sous le regard de Dieu (1 R 17, 2-6).

C’est un désert plus enfoui de 10 à 15 jours où tu es appelé(e) à grandir dans la paix et à te laisser nourrir par la miséricordieuse Providence qui prévoit tout. Ce désert est possible après les premiers vœux.

b’) le Kérit communautaire : Depuis 2010, la Communauté vit deux fois par trimestre un Kérit d’une semaine qui la fortifie dans sa dimension contemplative.

c) l’Horeb : c’est la longue marche d’Élie dans le désert vers l’Horeb où il se sait attendu (1 R 19, 4-8)… En chemin, il touchera sa profonde misère visitée par la tendresse d’en-haut (1 R 19, 12-13). A l’Horeb, il fera une expérience unique de la présence de Dieu (Os 2, 5 / Os 2, 17-22). L’Horeb est un désert enseveli où tu feras une expérience déconcertante de ta misère et où ta vie et ton être sont mis à nu… Mais Dieu peut aussi s’y révéler mystérieusement comme jamais auparavant[276]… Ce désert profond de 30 à 40 jours sera possible pour toi après les vœux perpétuels.

Tu vivras le mystère du désert dans le Cœur de Marie dont la douceur te permettra de traverser les étapes trop dures (Ct 8, 5). En toutes ces formes de désert, on gardera aussi un esprit de famille en revenant toujours à la communauté le samedi soir et le dimanche midi pour partager d’un seul cœur la joie de la Sainte Résurrection (Ac 1, 14). Les temps festifs de Noël et de Pâques, ainsi que les grandes solennités du Seigneur et de Marie, on restera en communauté. On veillera également à protéger l’équilibre de la communauté tout en restant attentif à cette grâce unique de la vie solitaire si précieuse et si féconde pour l’Église et pour le monde.

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7. Formation en profondeur

87- L’approfondissement constant de la Parole de Dieu dans l’esprit de notre Règle de vie sera premier car c’est là que se situe notre spécificité en Église.

a) la Parole de Dieu : A travers la lectio mariale (Lc 2, 19), fondée sur le cycle liturgique, la lecture continue de la Bible et l’étude de la théologie biblique… la Parole de Dieu sera ta nourriture quotidienne. En communauté, en solitude ou en mission… partout, ouvre ta bible et développe en toi cette lecture amoureuse de la Parole qui est ta lumière, ta force, ta paix (1 P 1, 19-21) et en laquelle tu puiseras la sagesse pour vivre selon l’inspiration de l’Esprit les divers événements de ta vie (Ps 118, 105).

b) la Règle de vie: Tu en liras un passage chaque semaine et tu le méditeras régulièrement pour être habité par son charisme prophétique. En t’appelant à la Vierge Missionnaire, souviens-toi que c’est la forme en laquelle la Trinité te veut saint[277]. Là, tu reçois avec tes frères et sœurs ton identité en Église en devenant peu à peu en Marie, vierge et missionnaire (Jn 19, 25-27).

c) la voie d’enfance mariale : Elle est ton appel fondamental inscrit au cœur de l’Évangile et de la Règle de vie. En ce sens, tu feras de la lecture et l’étude des écrits de Van et Thérèse une priorité. Ils t’apprendront à vivre selon leur intuition l’enfance spirituelle évangélique blotti sur le Cœur de Marie (Mc 10, 13-27 / Ps 130, 1-3).

d) la spiritualité du Carmel : Tu privilégieras la lecture et l’étude des Docteurs du Carmel pour apprendre d’eux les voies sûres de la foi et de l’amour dans la vie d’oraison et le combat spirituel. Ainsi, tu te feras disciple d’Élie, Père du Carmel, de Ste Thérèse d’Avila, de St Jean de la Croix, de la Bse Élisabeth de la Trinité… Ils t’enseigneront la science d’amour[278] ou l’art d’attirer le Feu[279] par une pauvreté confiante (1 R 18, 36-38)…
Enfin, comme base de théologie spirituelle, tu étudieras l’ouvrage du P. Marie-Eugène  » Je veux voir Dieu  » où tu trouveras synthétisée avec génie la doctrine des Saints Docteurs du Carmel.
Dans les temps de solitude, on aimera aussi fréquenter les pères du désert et les Saints de l’Orient chrétien.

e) la vie mariale : Tu t’appuieras sur les écrits merveilleusement inspirés de St Louis-Marie Grignion de Montfort pour fonder et guider ta vie mariale (Ps 47, 13-14). A travers la tradition de l’Église, tu accueilleras aussi les éléments fondamentaux de la mariologie chez les Pères de l’Église, les Conciles, les Saints et les Papes.

f) catéchisme, philosophie et théologie : Comme  » la foi cherche à comprendre[280]« , tu puiseras avant tout dans le Catéchisme de l’Église Catholique l’intelligence de la foi. Il sera étudié en continu communautairement (2 Tm 1, 13-14).
On élaborera aussi sur plusieurs années un programme pour assurer une formation de base par l’étude de la philosophie réaliste et de la théologie à l’école de St Thomas d’Aquin[281] (morale, dogmatique, sacrements, mystère de l’Église, …). On prévoira aussi l’approfondissement du Concile Vatican II et l’étude des grands documents récents de l’Église et des Papes sur l’Église, la vie religieuse, la mission, l’œcuménisme, les journées mondiales de la jeunesse…

Pour toute cette ambition de formation, nous nous servirons de tous les moyens possibles (cours réguliers, sessions avec intervenants, enregistrements, sessions ponctuelles à l’extérieur…). Selon notre appel, nous viserons cependant une formation qualitative en profondeur avec le souci de confronter le savoir aux exigences du vécu (2 Tm 3, 16-17). Toute la vie est formation.

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8. Le travail communautaire

88- Toujours disponible aux services communautaires et aux tâches particulières liées à la mission ou à la formation, tu auras pour les différentes formes de travail communautaire un attrait constant. Vécu dans le silence[282] d’un esprit d’oraison, il est source d’équilibre, d’humilité et de paix (2 Th 3, 7-12). Il est aussi un témoignage d’authenticité pour le monde et tu lui donneras un sens missionnaire dans le secret de ton cœur.

Apprends donc à combattre l’oisiveté, source des tentations, et sois toujours occupé à quelque travail en cellule ou en communauté afin de te garder vigilant en ton cœur[283](Mt 6, 31-34). En même temps, que le travail ne devienne jamais source d’inquiétudes et de tensions (Lc 10, 40-42). En ce sens, il sera toujours ordonné à l’amour et remis dans l’obéissance pour éviter la fièvre du faire qui sépare de Dieu. Un travail bien fait et fécond se réalise dans la sérénité d’un cœur offert à Dieu[284]. On prendra ici pour modèle St Joseph qui fut un travailleur silencieux, appliqué et si contemplatif.
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9. L’accueil, l’écoute et la clôture

89- On considèrera l’accueil en général comme une des grande dimension de notre mission en Église dans l’esprit de dialogue qui caractérise le concile Vatican II. On veillera donc à la qualité de la relation dès le premier contact en manifestant la joie paisible d’accueillir et le soin à apporter dans tous les détails matériels (Mt 10, 40-42). A travers chaque personne qui vient à nous, nous verrons dans la foi la présence mystérieuse du Christ qui nous envoie ses enfants avec confiance (Mt 25, 40).


90- Dans une civilisation qui engendre trop souvent maintes blessures et fermetures, la première mission est d’essayer de rejoindre la solitude des personnes par une écoute gratuite dont le seul motif est cet amour du Christ qui nous presse d’aimer[285](2 Co 5, 14-15). Ainsi, la première guérison est de se sentir accueilli et reconnu tel qu’on est à travers le regard et le sourire de l’autre[286].

Les frères et sœurs en général, et tout particulièrement ceux chargés de l’accueil, s’efforceront de vivre l’écoute de compassion mariale : refléter la douceur attentive du Cœur de Marie dont la compassion pour nous a accueilli la vulnérabilité de Dieu[287] sur la Croix (Jn 19, 25-27).

91- Les cellules ou les ermitages seront dans un espace en clôture où l’on gardera un silence sacré (La 3, 25-29). Les frères et sœurs auront une clôture propre qu’ils respecteront réciproquement. Nous préserverons avec amour ce désert où Marie nous enveloppe de sa silencieuse tendresse (Lc 2, 6-7).
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10. Les temps ponctuels de mission

92- Notre première mission est  » l’oraison qui embrase d’un feu d’amour… et soulève le monde[288]« . Enracinée dans l’alternance carmélitaine qui laisse la primauté à la vie contemplative, la communauté vivra des temps ponctuels de mission selon les appels de l’Esprit[289]. Dans les rythmes, elle sera fidèle à son charisme carmélitain où toute mission tend à être vécue comme un irrésistible débordement de la contemplation (1 Co 2, 1-16). C’est pourquoi, elle ne vivra pas plus d’une semaine de mission par mois. Pour les missions lointaines, on s’efforcera de ne pas dépasser quatre semaines. Chaque mission sera portée avant et après dans la prière et remise à Marie Vierge Missionnaire. Elle sera aussi préparée en concertation avec les responsables des Églises locales en lien avec l’Évêque du lieu. Enfin, on prévoira au minimum une journée de désert la veille du départ en mission pour accueillir tout spécialement le double esprit d’Élie, notre Père (2 R 2, 9).

93- Pour nous, la mission sera toujours une réponse à un appel de l’Esprit qui nous pousse à témoigner de l’Espérance donnée par le Christ (1 P 3, 15) mort et ressuscité pour tous les hommes (Ac 4, 1-22). Ainsi, sous la forme du témoignage de vie, du chant, du dialogue et de l’annonce kérygmatique fondée sur la Parole, l’évangélisation de la jeunesse sera privilégiée (écoles, lycées, temps forts, …) tout en restant disponible à d’autres secteurs : missions paroissiales, rassemblements, groupes de prière, pèlerinages… En toutes ces formes de missions, notre finalité sera d’amener les personnes à découvrir la présence de Dieu en proposant l’expérience de l’oraison. Nous n’oublierons jamais que l’évangélisation par la prière est la plus profonde.Selon les appels et les charismes donnés en communauté, on sera aussi disponible pour l’initiation des enfants à la prière, si nécessaire pour une catéchèse vivante (Mc 10, 14-16).

Enfin, à certaines occasions, nous n’aurons pas peur de vivre aussi l’évangélisation de rue ou le porte à porte. Ce terrain de mission occupé souvent par les sectes réclame plus que jamais une présence d’Église.

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11. Les étapes du don à l’amour

94- La vie consacrée est l’appel à la pratique des conseils évangéliques[290] dans une vie communautaire[291]. A travers les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance[292], nous livrerons toute notre puissance d’aimer à Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Époux, pour la vie de l’Église et le salut du monde (Jn 21, 15-19). En ce sens, nous prononcerons aussi un vœu d’amour[293] pour ne pas oublier ce qui est premier dans notre vie consacrée. Nous souvenant aussi que tout appel en Église se fonde sur le mystère baptismal (Ep 4, 1-16), nous vivrons notre consécration en profonde communion avec les autres membres de la fondation et tous les baptisés. Gardant au cœur une joyeuse reconnaissance pour un tel don, nous éviterons toute sacralisation excessive de la vie religieuse en vivant cet appel dans cette simplicité évangélique qui, selon l’exemple du Christ, nous rapproche de tout homme (Lc 5, 27-32).

95- Par une pédagogie éducative fondée sur l’Évangile et la tradition carmélitaine, les formateurs de la communauté auront à cœur d’éduquer à une liberté responsable (Lc 9, 46-48) : ne jamais imposer mais apprendre à choisir d’aimer. Il s’agit de faire éclore  » la vraie vie qui s’exprime dans le don de soi[294]« . Dans l’écoute et le respect des personnes en formation, on s’inspirera des principes de progressivité et de personnalisation pour favoriser avec patience, souplesse et fermeté l’œuvre unique que Dieu réalise en chaque vocation[295]. Ici, la communauté entière a un rôle important à jouer[296].

96- En communauté, le silence et les relations fraternelles seront vécues dans le respect et la simplicité propres aux enfants de Dieu (1 Jn 3, 18-24). Vigilants à écarter tout enfermement psychologique ou moralisme légaliste dans les rapports et le style de vie, nous laisserons l’Esprit nous conduire sur les chemins de la foi qui seule conduit à la liberté de l’amour (Ep 3, 14-19).

97- Dans l’écoute de l’Esprit et le dialogue, les fondateurs et le conseil des frères et sœurs aînés auront à cœur de discerner les vocations aux différentes étapes de la vie consacrée :

a) les stages : Après un premier contact avec la communauté, les jeunes en recherche vocationnelle pourront, après discernement communautaire, cheminer avec nous sous la forme du stage (Jn 1, 38-39). Il durera un mois. Ensuite, le ou la regardant(e) repartira dans le monde pour prendre du recul et discerner avec son accompagnateur spirituel sur l’éventualité d’un appel à la Vierge Missionnaire. On ne multipliera pas les stages au-delà de trois. Pour le ou la regardant(e) comme pour la communauté, ils sont cependant très précieux pour vérifier l’authenticité de l’appel et sonder les motivations profondes. Ensuite, un discernement sera fait et une décision sera prise en vue de l’entrée ou non au postulat. En ce sens, il est aussi souhaitable d’avoir l’avis de l’accompagnateur spirituel.

b) le postulat : Le ou la regardant(e) quitte le monde et entre en communauté. Trois ou quatre semaines après, un court rite est prévu pour l’entrée au postulat. Dans un bref dialogue avec un des fondateurs, le ou la regardant(e) reçoit les signes du postulat : une minibure en jean bleu et une croix simple. On choisira pour cette entrée le jour marial du samedi ou une fête liturgique.

Le postulat dure entre 8 et 12 mois. C’est un temps d’ajustement à la vie religieuse et d’expérience approfondie des exigences propres de la Vierge Missionnaire (Lc 5, 1-11). Dans la découverte concrète de notre charisme en Église, le ou la regardant(e) s’efforcera de vivre chaque jour avec toute la ferveur de son cœur tout en respectant son adaptation progressive dans l’humilité.

Avant l’entrée au noviciat, il est possible pour ceux et celles qui le veulent de passer une semaine en famille. Selon les cheminements et les situations, on discernera ce qui est judicieux pour le bien de la vocation.

c) le noviciat : Après un désert de 3 jours, il commence avec la prise d’habit à laquelle pourra assister la famille proche et quelques intimes.
Le noviciat dure deux années : une année contemplative où s’opérera une vraie coupure avec le monde en vue d’un fort enracinement dans le Christ à travers la beauté et la purification du désert et les exigences et la force de la vie communautaire (Ep 3, 16-19). Une année où l’on expérimentera vie contemplative et mission ponctuelle afin d’incarner la dimension mariale et élianique de notre charisme.

Le noviciat est le temps du don total de soi dans le mystère de l’Amour Trinitaire (Jn 15, 1-17). Dans la fidélité renouvelée chaque jour, on y fera l’expérience de cet appel à suivre le Christ à travers cette voie d’enfance mariale de Van et Thérèse qui est notre respiration et notre paix profonde. Durant ces deux années de noviciat, il sera possible pour ceux et celles qui en sentent l’appel de vivre 3 jours de désert une fois par mois environ en fonction de l’équilibre communautaire.

Avant la profession temporaire, on pourra prolonger le temps de noviciat de 6 à 12 mois si la nécessité d’une plus grande maturation se fait sentir.

Après la première année contemplative, un séjour en famille est possible. Il est à considérer et à vivre comme un temps de mission pour être à l’écoute des parents et amis afin de témoigner du bonheur que donne une vie de foi en Jésus-Christ.

d) les premiers vœux : A la fin du temps de noviciat, le ou la novice présentera une demande d’admission à la profession temporaire.

Au cours d’une messe publique ouverte aux familles et amis de la fondation, les novices prononceront leurs premiers vœux temporaires entre les mains de l’Évêque ou des fondateurs délégués par lui. On se préparera à cette première profession par un désert de 8 jours.

Le sens des trois vœux sera toujours une union sponsale toujours plus profonde au Christ pour qu’Il vive en nous (Ga 2, 20) :

« Suivre le Christ est bien autre chose que l’admiration d’un modèle, même si vous avez une bonne connaissance des Écritures et de la théologie. Suivre le Christ est quelque chose d’existentiel. C’est vouloir l’imiter au point de se laisser configurer à Lui, au point de Lui être – selon les paroles d’Élisabeth de la Trinité – « une humanité de surcroît » (Jn 14, 23). Et cela dans son mystère de chasteté, pauvreté et obéissance. Un tel idéal dépasse l’entendement et dépasse les forces humaines ! Il n’est réalisable que grâce à des temps forts de contemplation silencieuse et ardente du Seigneur Jésus. »[297]

La première profession implique un engagement d’une année. Cheminant vers les vœux perpétuels, le (la) profès(se) demandera à renouveler ses vœux simples la deuxième, la troisième et la quatrième année. On pourra prolonger d’une ou deux années les vœux simples si ce temps est jugé nécessaire pour affermir la maturation.

Selon l’appel de chacun et chacune, il sera possible de vivre une fois par trimestre un temps de désert de 10 à 15 jours (Kérit) en fonction des nécessités communautaires.

e) les vœux perpétuels : Au terme du temps de profession simple, les frères et sœurs de la Vierge Missionnaire pourront faire leur profession perpétuelle. Elle ne sera possible qu’après le discernement des fondateurs et de leur conseil en lien avec l’Évêque du lieu. On s’y préparera par un désert de 10 à 15 jours.

Par le choix d’une fête liturgique et au cours d’une messe solennelle ouverte à tous, le profès ou la professe simple prononcera ses vœux perpétuels entre les mains de l’Évêque ou des fondateurs pour être à jamais consacré(e) au Christ en Église[298]. Ainsi, vivant en Marie[299] la fécondité de l’accueil sponsal[300], chaque frère et sœur de la Vierge Missionnaire écoutera l’incessant appel de l’Esprit à une fidélité évangélique au charisme fondateur[301] en vue d’une existence transfigurée[302](Jn 21, 1-19).

f) à partir des vœux perpétuels : ceux et celles qui en ressentiront l’appel dans l’Esprit pourront vivre un désert de 30 à 40 jours (Horeb) deux à trois fois par an en fonction de l’équilibre communautaire et du discernement dans l’obéissance.

Dans un esprit de mission, un séjour annuel d’une semaine en famille sera possible (Is 35, 1-7 / Is 55, 10-11 / Gn 9, 7-17 / Lc 1, 35 /Is 61, 10).

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12. Un habit marial

98- Le Carmel est principalement pour nous un lieu biblique symbolique qui évoque en nos vies le mystère caché de Marie, notre désert et notre jardin. En elle se rencontrent le ciel et la terre. En elle, le bleu du ciel s’ensevelit dans la terre brune. Comme sur l’icône de la Trinité ou de Marie, Porte du Ciel, c’est l’alliance entre le divin et l’humain : en la Vierge, le Verbe s’est fait chair. Notre habit religieux s’inspirera de ce mystère biblique du Carmel (Ps 23, 6) : la robe sera en jean bleu avec une capuche pour les frères et un grand voile bleu ciel pour les sœurs (1 R 18, 39). Notre scapulaire sera de couleur marron. Nous porterons une ceinture monastique en cuir avec un « chapshot » (chapelet, shotki) ayant pour nous deux significations (Jc 5, 16-18 / 1 R 17, 7-24) :
a) Marie est notre voie et notre cœur pour nous unir à Jésus. C’est l’actualisation concrète de la voie d’enfance mariale (1 R 18, 20-39).
b) En unissant chapelet et shotki, rosaire et prière de Jésus, nous posons un acte œcuménique pour respirer la prière avec nos deux poumons : l’Occident latin et l’Orient byzantin.
99- Nous recevons aussi un grand manteau en bure marron : le manteau d’Élie (Ex 33, 19-23). Nous porterons habituellement des sandales et pour les dimanches et solennités, le grand manteau blanc de la Vierge (1 R 19, 1-14). Pour les grands déplacements et les missions plus sensibles, on discernera avec les responsables la possibilité du signe plus léger et adapté de l’habit de mission (Lc 9, 30-35). Avec joie et reconnaissance, nous porterons partout la Croix de communauté reçue le jour de nos premiers voeux. En bois sculpté sur les deux faces, on pourra y retrouver le cœur de notre charisme : suivre le Christ en Marie, Vierge Missionnaire avec Van, Thérèse et Élie. On verra dans les trois étoiles trois citations bibliques qui résument notre vocation mariale : Psaume 130 / Luc 2, 19 / Apocalypse 12, 1-2.
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