Parole du mois
février 2005
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 
 

1. Premières Vêpres de la Résurrection

 

Jean 15, 1-17

     Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Van

(Pas d' enregistrement audio disponible ce mois-ci)

 

" Je suis la vigne véritable… Demeurez en mon amour… "

  Bonne nouvelle de l'amour qui se communique. L'Amour de Dieu est infini, sans mesure. L'Esprit veut faire de nous des cœurs qui aiment sans mesure. L'infini qui pénètre le fini ! Oui, nous sommes invités à célébrer cet Amour infini qui entend passer pour demeurer dans notre cœur comme un brasier toujours enflammé.
Nous sommes greffés sur le Christ. Mystère de vie, qui jaillit du fond de l'âme. Mystère d'immanence et de transcendance à la fois. Accueil et don. En Dieu le don est la mesure de la vie divine. Aucune des trois Personnes divines ne peut se définir sans la référence aux deux autres. Le Père n'est Père que parce qu'il engendre, et réciproquement le Fils n'est fils que parce qu'il reçoit tout du Père qui lui donne tout ce qu'il est et donc sa vie. Et l'Esprit, qui est l'Amour, la Personne Don, à la fois l'Amour du Père pour le Fils et l'Amour du Fils pour le Père. Engendrement du Fils, spiration de l'Esprit. Des notions opaques qui nous disent quelque chose de la vie en Dieu.
Le mystère de la vie en Dieu n'a pas voulu rester caché. Dieu a créée l'univers et l'homme à son sommet, image et ressemblance de ce qu'il est. L'homme s'est détourné de son Créateur mais Dieu n'a pas voulu le laisser à son malheur. Il a envoyé son Fils, pour le sauver. Puis le Père et le Fils ont envoyé l'Esprit : " L'Espérance ne déçoit point, parce que l'Amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. " (Rm 5, 5). Dieu a voulu se partager. Il a voulu que l'homme soit un reflet de son amour. Tout ce que Dieu fait est porteur de sa marque, qui est l'Amour.
Il faut que tout en nos vies se laisse revêtir de l'Amour de Dieu. Dieu nous dit : " Veux-tu que je demeure en toi ? Veux-tu nous accueillir ? " Jésus promettait à ses disciples avant sa Passion : " Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. " (Jn 14, 23). N'est-ce pas ce don, ce " demeurer de Dieu en nous " si mystérieux qui nous est offert au baptême, qui s'épanouit dans l'Eucharistie, et qui se fortifie par la Parole efficace qui prend chair en nous pour porter un fruit qui demeure ? Parole de lumière qui suscite notre foi et qui nous conduit, pas à pas, vers le bonheur divin. Un bonheur qui ne se déploie qu'au souffle de l'Esprit, dans le don de soi à Dieu et aux autres, par l'Amour.
Dieu passe par le mystère de sa Parole : " Déjà vous êtes pur grâce à la parole que je vous ai fait entendre. Demeurez en moi comme moi je demeure en vous. " (Jn 15, 3-4) et Jésus promet : " Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. " (Jn 15, 7). La Parole est mystère de communion dans la foi vive entre Dieu et l'homme. Jésus nous " parle " pour que " sa joie soit en nous et que notre joie soit complète " (Jn 15, 11). Cette Parole qui a été écoutée, contemplée, méditée, vécue, proclamée et enfin écrite pour nous conduire au face à face avec Dieu, dans le Christ : " … ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quand à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Tout ceci, nous vous l'écrivons pour que notre joie soit complète. " (1 Jn 1, 3-4).
Oeuvre de l'Esprit, la Parole veut habiter et prendre chair en notre cœur pour nous transformer dans la ressemblance avec le Fils : " Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. " (Ga 2, 20). L'Amour nous rend ami du Christ parce que nous faisons ce qu'il commande et parce qu'ainsi il nous fait connaître les secrets du Père (Jn 15, 14-15) : " Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres " (Jn 15, 17).


            Frères et sœurs, que notre joie soit complète. La clé, c'est l'Amour !

 

Passerelles bibliques :    1 Co 13, 1-13 ; Rm 8, 14-17 ; Ga 4, 1-7.

3. A l'école du Cœur de Marie…
                                        avec saint Louis-Marie Grignon de Montfort

(Citations du Secret de Marie, abrégé SM)

Pour ressembler au Fils,
il faut trouver Sa Mère

Marie est notre mère dans la grâce (Lumen Gentium 61). C'est pourquoi " il faut qu'un vrai enfant de l'Eglise ait Dieu pour père et Marie pour mère… " (SM 11). Marie a formé le Christ, Tête de son corps qui est l'Eglise. C'est donc à elle de former les membres de cette Tête et qui sont les vrais chrétiens… Une mère ne forme pas la Tête sans les membres ni les membres sans la Tête. Quiconque donc veut être membre de Jésus Christ, plein de grâce et de vérité (Jn 1,17), doit être formé par Marie par le moyen de la grâce de Jésus Christ, qui réside en elle en plénitude, pour être communiquée en plénitude aux vrais membres de Jésus Christ et à ses vrais enfants. (D'après SM 12).
" Marie est appelée par saint Augustin, et est, en effet, le monde vivant de Dieu, forma dei, c'est-à-dire que c'est en elle seule que Dieu [fait] homme a été formé au naturel, sans qu'il lui manque aucun trait de la Divinité, et c'est aussi en elle seule que l'homme peut être formé en Dieu au naturel, autant que la nature humaine en est capable, par la grâce de Jésus Christ. Un sculpteur peut faire une figure ou un portrait au naturel en deux manières : 1° se servant de son industrie, de sa force, de sa science et de la bonté de ses instruments pour faire cette figure en une matière dure et informe ; 2° il peut la jeter en un moule. La première est longue et difficile et sujette à beaucoup d'accidents : il ne faut souvent qu'un coup de ciseau ou de marteau donné mal à propos pour gâter tout l'ouvrage. La seconde est prompte, facile et douce, presque sans peine et sans coûtage, pourvu que le moule soit parfait et qu'il représente au naturel ; pourvu que la matière dont il se sert soit bien maniable, ne résistant aucunement à sa main. " (SM 16)
" Marie est le grand moule de Dieu, fait par le Saint-Esprit, pour former au naturel un homme Dieu par l'union hypostatique, et pour former un homme Dieu par la grâce. Il ne manque à ce moule aucun trait de la divinité ; quiconque y est jeté et se laisse manier aussi, y reçoit tous les traits de Jésus Christ, vrai Dieu, d'une manière douce et proportionnée à la faiblesse humaine, sans beaucoup d'agonie et de travaux ; d'une manière sûre, sans crainte d'illusion, car le démon n'a point eu et n'aura jamais d'accès en Marie sainte et immaculée, sans ombre de la moindre tache de péché. " (SM 17)
" Oh ! Chère âme, qu'il y a de différence entre une âme formée en Jésus Christ par les voies ordinaires de ceux qui, comme les sculpteurs, se fient en leur savoir-faire et s'appuient sur leur industrie, et entre une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue, et qui, sans aucun appui sur elle-même, se jette en Marie et s'y laisse manier à l'opération du Saint-Esprit ! … " (SM 18)

 

 

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