Parole du mois
Le 7 août 2004
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 

 

 

1. Premières Vêpres de la Résurrection

 

Galates 2, 15-21

Nous sommes, nous, des Juifs de naissance et non de ces pécheurs de païens ; et cependant, sachant que l'homme n'est pas justifié par la pratique de la Loi, mais seulement par la foi en Jésus Christ, nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d'obtenir la justification par la foi au Christ et non par la pratique de la Loi, puisque par la pratique de la Loi personne ne sera justifié.
Or si, recherchant notre justification dans le Christ, il s'est trouvé que nous sommes des pécheurs comme les autres, serait-ce que le Christ est au service du péché ? Certes non ! Car en relevant ce que j'ai abattu, je me convaincs moi-même de transgression.
En effet, par la Loi je suis mort à la Loi afin de vivre à Dieu : je suis crucifié avec le Christ ; et ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi.
Je n'annule pas le don de Dieu : car si la justice vient de la Loi, c'est donc que le Christ est mort pour rien.

 

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

 

Des lèvres au coeur

  D'Abraham à Marie, le juste vit de la foi… " Mourir à la loi " ne signifie pas la rejeter mais ne plus mettre sa sécurité dans un agir religieux séparé du cœur… C'est un reproche que le Seigneur adresse souvent à son Peuple et que Jésus reprendra pour dénoncer les dérives hypocrites des scribes et des pharisiens :
" Ce Peuple m'honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi… Vain est le culte qu'ils me rendent… " (Isaïe 29, 13 / Matthieu 15, 1-20)
Pour Paul, la loi est un pédagogue qui aide à démasquer le péché mais elle n'en sauve pas (Galates 3, 23-25). Son rôle est d'acheminer les consciences vers l'accueil du Messie. Seule la foi au Christ libère de l'esclavage du péché et de l'impasse de la Loi en nous donnant l'Esprit du Fils qui crie en nous : Abba, Père ! (Galates 4, 6)
Dieu nous a tant aimé dans le Fils que la conséquence ultime de l'Incarnation est cette participation à la vie du Christ en nous (Colossiens 3, 3)… une inhabitation mystérieuse qui nous fait naître à son amour en nos propres cœurs. Alors, ce n'est plus le règne d'une loi pour conduire l'Homme vers Dieu : C'est le Royaume de Dieu qui se donne au cœur de l'Homme et dont l'Eucharistie nous fait comprendre le réalisme !…
Ainsi, saint Jean Chrysostome nous invite à cette découverte intérieure : " Trouve la clé de ton cœur, tu découvriras qu'elle ouvre aussi la porte du Royaume "… et dans cette primauté du cœur, émerveillé du don de Dieu, il va s'agir de " tout faire par amour et rien par force " (saint François de Sales) pour ne pas résister au bonheur évangélique de se laisser aimer (1 Jean 4, 9-10).
Face au monde actuel qui oscille entre vide mortel et compétitivité impitoyable, nous choisirons la paix à travers cette persévérante prière avec Marie qui nous révèlera peu à peu combien notre cœur est " habité " par quelqu'un plus grand que notre cœur…

Passerelles bibliques :    Ézéchiel 36, 24-30 / Romains 8, 1-13

3. Spécial LOURDES - Le Rosaire mondial de la Paix

Cette nouvelle Pentecôte mariale,
Tu en es le prophète !

Pape bien-aimé,
si pauvre d'apparence
et si immense en ton cœur...
Tu es la paix de nos yeux
et la parole vraie pour notre Foi...
simplement parce que tu es là,
débordant de lumière et d'amour...
Les mains serrées sur ton chapelet,
tu marches devant nous...
attentif à tout et à tous car
" l'Homme est la route quotidienne de l'Église. "

Cette Eglise, tu l'as fait entrer
dans le IIIe millénaire
par l'inoubliable Jubilé.


À travers l'année du Rosaire,
Tu viens de la lancer dans une ultime lutte en la gardant fidèle à sa mission d'être lumière du monde et paix des peuples :
" Les difficultés que la perspective mondiale fait apparaître en ce début du nouveau millénaire nous conduisent à penser que seule une intervention d'en haut, capable d'orienter les cœurs de ceux qui vivent des situations conflictuelles et de ceux qui régissent le sort des nations, peut faire espérer un avenir moins sombre. En réalité, tandis qu'il vous conduit à fixer les yeux sur le christ, le rosaire nous rend aussi bâtisseur de la paix du monde. Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour répondre à l'invitation du Christ "à toujours prier sans se décourager" (Luc 18, 1), il nous permet d'espérer que, même aujourd'hui, une "bataille" aussi difficile que celle de la paix pourra être gagnée. "

Ainsi face à des menaces d'une dimension jamais connue jusqu'ici, la grande urgence pour l'Église d'aujourd'hui ne consiste pas à s'enliser dans les planifications fiévreuses d'une Église humaniste ou à se replier frileusement sur le passé d'une Église idéalisée…

Mais tu as dit magnifiquement :
"L'Église est toujours
une Église du temps présent...
Elle ne regarde pas son héritage comme le trésor d'un passé révolu, mais comme une puissante inspiration pour avancer dans le pèlerinage de la foi sur des chemins toujours nouveaux. "

Marie a reçu de Dieu la mission de faire entrer l'Église de ce temps dans les recommandations suprêmes de Jésus : " Veillez et priez en tout temps " (Luc 21, 36) et " aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés " (Jean 13, 34).
Épouse de l'Esprit, la Vierge seule peut nous apprendre cette sagesse évangélique de la pauvreté comblée (Luc 1, 28 ; 48) et de la gratuité célébrée (Luc 1, 46-47 ; 49) pour former un seul cœur dans la prière et l'amour (Actes 1, 14 et 2, 42).

En ce sens, tu as dit
" L'Église demeure fidèle au mystère de sa naissance. Si c'est un fait historique que l'Église est sortie du Cénacle le jour de la Pentecôte, on peut dire qu'en un sens, elle ne l'a jamais quitté. Spirituellement, l'événement de la Pentecôte n'appartient pas seulement au passé : l'Église est toujours au Cénacle qui reste présent en son cœur. L'Église persévère dans la prière, comme les Apôtres, avec Marie... "

Notre conversion actuelle ne consiste-t-elle pas à recevoir à nouveau l'intelligence des oeuvres de l'Esprit aux origines de l'Église ?...Car pas de nouvelle Pentecôte sans la prière persévérante avec Marie au Cénacle et pas de nouvelle évangélisation sans une Pentecôte… Quand l'Église s'essouffle, c'est qu'elle oublie l'ordre divin et les priorités de l'Esprit... Elle ne brise plus le vase de la gratuité sur l'adorable Visage de son Époux (Marc 14, 3). Elle n'a plus la liberté de l'amour qui vient de l'inlassable supplication… Car la prière est le cœur et la source de tout renouveau dans l'Église.

N'as-tu pas dit avec force :
" Les grâces de sainteté et de renouveau sont d'un autre ordre que nos méthodes d'apostolat : Elles ne seront données qu'à une Église en prière… L'effusion de l'Esprit-Saint peut renouveler complètement l'Église d'aujourd'hui. Nous devons demander cette effusion pour l'Église et la considérer comme le critère caractéristique de l'Église du millénaire… "

Marie-Michel,
" Rosaire mondial avec Jean-Paul II ",
page 18 à 21.

 

 

 

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