Parole du mois
Le samedi 7 juin 2003
 
 

1. Premières Vêpres de la Pentecôte

 

La tempête apaisée : Luc 8, 22-25

Or il advint, un jour, qu’il monta en barque ainsi que ses disciples, et il leur dit : « Passons sur l’autre rive du lac. » Et ils gagnèrent le large. Tandis qu’ils naviguaient, il s’endormit. Et une bourrasque s’abattit sur le lac ; ils faisaient eau et se trouvaient en danger. S’étant donc approchés, ils le réveillèrent, en disant : « Maître, maître, nous périssons ! » Et lui, s’étant réveillé, menaça le vent et le tumulte des flots. Ils s’apaisèrent et le calme se fit.

Puis il leur dit : « Où est votre foi ? » Ils furent saisis de crainte et d’étonnement, et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est-il donc celui-là, qu’il commande même aux vents et aux flots, et ils lui obéissent ? »

 

 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

Cette Parole nous a déjà été donnée récemment... Cela signifie que le Seigneur insiste pour nous donner une intelligence plus profonde sur ce que nous vivons actuellement. En ces premières vêpres de la Pentecôte, il me semble tout d'abord que l'Esprit-Saint veut affermir en nous une vérité qui ne passera pas : jusqu'à la fin des temps, le Christ est et sera toujours dans la barque de l'Église (Mt 28,20). En son amour infini, il s'est lié indéfectiblement à la barque de Pierre (Mt 16,18) qui ne sera jamais vaincue par les déchaînements du Dragon (Ap 12,12). Cette promesse se réalisera dans le temps. Cela veut dire concrètement qu'Il s'est à jamais lié d'amour avec chacun et chacune de nous qui sommes ses disciples et les enfants de la Femme (Ap 12,17). Notre espérance est fondée sur ce lien d'amour scellé par le sang de sa Croix. Et si Jésus semble parfois dormir par une absence qui nous déroute, c'est pour susciter cette foi qui est source d'inimaginables Pentecôtes d'amour. Il nous oriente toujours vers une rive inconnue et c'est au large sans d'autres appuis que Lui, qu'il nous enseigne la pédagogie des "impossibles": Dans l'exacte mesure de notre foi (Mt 21,21-22), Dieu peut tout en nous et dans le monde (Mc 10,27). La foi qui dure est le secret de toutes les victoires. Sœur Lucie de Fatima ne disait-elle pas que "depuis que la Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n'y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices". S'il y a un étonnement de Dieu dans l'Évangile, c'est bien sa stupeur devant notre manque de confiance en Lui : "Comment se fait-il que nous n'ayez pas la foi ?" (Mc 4,40). Comme les apôtres, nous naviguons trop souvent à vue, plus sensibles et apeurés par ce que nous voyons et éprouvons... que déterminés à rejoindre "l'autre rive" où Dieu nous prépare un mystérieux festin. Au lieu de fortifier notre foi, les tempêtes d'épreuves insinuent en nous ces doutes qui nous font oublier que quoi qu'il arrive Jésus est toujours là... que l'Esprit et Marie ouvrent plus grands les yeux de notre foi (Ep 1,18) sur Celui qui est là, silencieux et présent, dans la barque ballottée de nos vies.

 

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