Parole du mois
Le samedi 6 décembre 2003
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 
   

Frères et sœurs bien-aimés,

A la suite de la Parole du mois et de son commentaire, vous trouverez désormais une nouvelle source de méditation : « A l’école du Cœur de Marie – le Rosaire de la Paix »

Dans le souffle de l’année du Rosaire lancée par Jean-Paul II, il nous a paru urgent de continuer à méditer sur le mystère de Marie et la grâce du Rosaire pour notre temps traversé par des menaces « d’une dimension jamais connue jusqu’ici » a souvent dit le Saint-Père.

Comme il nous y invite dans sa merveilleuse lettre sur le Rosaire : « Cheminer avec Marie à travers les scènes du Rosaire, c’est comme se mettre « à l’école » de Marie pour lire le Christ, pour en pénétrer les secrets, pour en comprendre le message » (n°14).  

Accueillons donc avec une nouvelle intelligence du cœur cette prière qu’il nous invite à découvrir dans sa simplicité, sa profondeur et sa puissance… Ainsi, le Saint-Père dépose en nos mains un trésor de contemplation évangélique pour la paix du cœur et une arme puissante pour sauver la paix du monde. Il nous invite à faire « l’expérience intime de la maternité de Marie » (n°37) car « le Rosaire exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose à recevoir cette paix véritable… don du Ressuscité (Jean 14,27/20,21), et à en faire l’expérience au fond de son être, en vue de la répandre autour de lui » (N°40). Comme le disait saint Séraphim de Sarov : « Acquiers la paix intérieure et une multitude trouvera le salut autour de toi ».

C’est en ce sens que dorénavant, vous trouverez à la suite de la Parole du mois et de son commentaire des textes à méditer sur le mystère de Marie et sur la grâce du Rosaire (textes de Jean-Paul II, de la Tradition de l’Eglise, des saints ou d’auteurs plus récents…). Ils seront en partie en harmonie avec le thème de la Parole de Dieu reçue chaque premier samedi du mois.

A travers ces trois dimensions, nous espérons que cela vous nourrisse et vous motive pour votre prière intime, mais aussi pour la prière en famille, en groupes de prières, en paroisses, car selon le Saint-Père : « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l’art de la prière »… et il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d’authentiques écoles de prières. » (N°5)

 

Père Marie+Michel

 

 

1. Vêpres de l’Avent

 

2 Thessaloniciens 2, 1-8

Nous vous le demandons, frères, à propos de la Venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui,

ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le jour du Seigneur est déjà là.

Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Etre perdu,

  l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu.

Vous vous rappelez, n'est-ce pas, que quand j'étais encore près de vous je vous disais cela.

Et vous savez ce qui le retient maintenant, de façon qu'il ne se révèle qu'à son moment.

Dès maintenant, oui, le mystère de l'impiété est à l'oeuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d'abord écarté.

Alors l'Impie se révélera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l'anéantira par la manifestation de sa Venue.

 

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

 

« L’espérance chrétienne est fondée sur la victoire de l’Amour »

  

Cette parole nous replonge comme en septembre dans la perspective de la Parousie (du grec « Parousia » : être là, présence, venue…), ce qui nous tourne vers le retour glorieux du Christ à la fin des temps.

La première partie de ce texte veut éviter toute surchauffe dans ce domaine et nous invite au calme et à la prudence sur le « déjà-là » du Jour du Seigneur. En effet, Paul prévient les Thessaloniciens que des esprits fragiles peuvent se laisser abuser par de fausses prédictions. Cela est toujours d’actualité et ne nous laissons pas entraîner à des visions catastrophistes et justicières qui évacuent l’espérance et l’infinie miséricorde de Dieu (Jean 3,17). Une magnifique prière liturgique de l’Avent vient nous éclairer par sa justesse :

« Déploie, Seigneur, ta puissance, soutiens-nous de ta force, afin que le salut retardé par nos fautes soit hâté par l’indulgence de ta grâce. » (prière d’ouverture de la messe, jeudi de la première semaine de l’Avent).

 

Et cela me rappelle cette constatation d’un enfant : « Si tout le monde aimait Jésus, il reviendrait de suite. »

            Par contre, il nous faut être attentifs aux signes des temps en Eglise, et réalistes face aux dérives d’une civilisation chaotique parce que sans repères. En ce sens, Paul nous donne trois signes mystérieux toujours valables dans le temps :

D’abord, le phénomène d’une immense apostasie (du grec « apostasia » : se séparer de …) ; ce qui implique que beaucoup se détourneront de la vraie foi. Ne rencontrons-nous pas cela quand la richesse vivifiante de la foi au Christ est remplacée peu à peu par un simple humanisme, une banalisation du sacré, des dérives liturgiques où l’homme prend la place de Dieu ? On reste d’Eglise mais la foi est en partie ou en totalité vidée de son contenu. C’est ce que Jean-Paul II appelle dans les pays riches une « apostasie silencieuse », d’où la nécessité d’une authentique réévangélisation dans l’Eglise…

Ensuite, Paul annonce la venue de l’Anti-Christ qui apparaît comme un être personnel se révélant à la fin des temps. Saint Jean apôtre nous prévient que l’esprit qui le caractérise sera de nier que Jésus-Christ soit le Fils de Dieu (1 Jean 4,1-6). Car il se fera lui-même Dieu (Genèse 3,5) en se faisant adorer dans le sanctuaire de Dieu. N’est-ce pas le troisième signe décrit par le livre de l’Apocalypse (13, 1-10) ?

            Cependant, pour que le « fils de la perdition » se révèle au grand jour, il faut que quelque chose ou quelqu’un soit écarté : « une force ou une personne qui empêche la manifestation de l’Anti-Christ » précise en note la bible de Jérusalem. En commentant ce passage avec prudence le cardinal Christophe Schönborn disait que dans l’histoire de l’Eglise, les saints connus ou inconnus ont fait reculer momentanément les avancées du Mal par leur amour rayonnant du Christ… En ce sens il avançait que notre Pape Jean-Paul II était aujourd’hui un signe fort et un rempart face à la culture de la mort. 

            Quoi qu’il en soit, le règne de l’Anti-Christ marqué par « l’influence de Satan » à travers « toutes espèces d’œuvres de puissances, de signes et de prodiges mensongers » (2 Thessaloniciens 2,9 /Apocalypse 13,11-18) pour tromper l’humanité… ce règne sera anéanti par la venue du Christ glorieux : « Voilà qui fonde l’endurance et la confiance des saints » (Apocalypse 13,10). L’espérance chrétienne se fonde sur la victoire définitive de l’Amour, toujours avec nous (Apocalypse 22,12-13 / Matthieu 28, 18-20).

           

                                                                                              Père Marie + Michel

 

3. A l’école du Cœur de Marie - Le Rosaire de la Paix

« Marie, le lieu de mon espérance »

Marcel Van

« Et voici que notre espérance se reporte sur Marie en ces temps ou le Corps mystique du Christ cherche de nouveau sa forme d’unité… comme dans un nouvel Avent de l’Eglise et de l’humanité. Temps de l’Attente mais aussi temps de la tentation décisive, toujours la même, celle que nous avons rencontrée pour la première fois au chapitre trois de la Genèse, plus radicale encore ; temps de la grande Epreuve, mais aussi de la grande Espérance. C’est pour vivre ce temps qu’un signe nous a été donné, signe de contradiction, et la Femme enveloppée par le soleil, signe grandiose au ciel. »

(Jean-Paul II, Le signe de contradiction, page 256)

« Ce que la Sainte Vierge veut réaliser aujourd’hui à travers le Rosaire »

« De nombreux signes montrent ce que la Vierge Sainte veux encore réaliser aujourd’hui, précisément à travers cette prière ; cette Mère attentive à laquelle, dans la personne du disciple bien-aimé, le Rédempteur confia au moment de la mort tous les fils de l’Eglise : « Femme, voici ton fils. » (Jean 19, 26). Au cours du 19ème et du 20ème siècles, les diverses circonstances au cours desquelles la Mère du Christ a fait en quelque sorte sentir sa présence et entendre sa voix, pour exhorter le Peuple de Dieu à cette forme d’oraison contemplative sont connues…

            Cette prière de Marie, immergée dans la lumière de Dieu lui-même, reste en même temps toujours ouverte vers la terre. Vers tous les problèmes humains. Vers les problèmes de chaque homme et, en même temps, de toutes les communautés humaines, des familles, des nations ; vers les problèmes internationaux de l’humanité. Cette prière de Marie, ce Rosaire, est constamment ouvert vers toute la mission de l’Eglise, vers ses difficultés et ses espérances… La prière du chapelet est la prière de l’homme pour l’homme…

            Je me tourne vers vous, frères et sœurs de toute condition, vers vous, familles chrétiennes, vers vous les malades et personnes âgées, vers vous les jeunes : reprenez avec confiance le chapelet entre vos mains, le redécouvrant à la lumière de l’Ecriture, en harmonie avec la liturgie, dans le cadre de votre vie quotidienne… Il renouvellera et intensifiera l’action de la grâce du grand jubilé de l’an 2000 et deviendra une source de paix pour le monde.

(Jean-Paul II, Lettre sur la Rosaire n°7 et n°43 ; Rome 4 octobre 1983 et 16 octobre 2002)

 

Haut de la page

Autres paroles du mois

Page d'accueil de la Vierge Missionnaire