Parole du mois
Le 6 mars 2004
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 

 

 

1. Premières Vêpres de la Miséricorde

 

Luc 7, 31-35

" A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? A qui ressemblent-ils ?
Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s'interpellent les uns les autres, en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n'avez pas pleuré !"
" Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : "Il est possédé ! "
Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! "
Mais la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. "

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

 

Entendre ou écouter ?

  Jésus manifeste ici la douleur et le désarroi de Dieu devant l'inconsistance et la perversité de bien de ses contemporains qu'il dénoncera régulièrement avec force comme pour les délivrer d'un sommeil dangereux (Luc 11, 45-54). Le double appel du Précurseur et du Messie s'est manifesté sous leurs yeux… et mystérieusement, ils ne voient pas et ne comprennent pas (Marc 4, 10-12 / Matthieu 12, 38-42). Ils entendent mais n'écoutent pas… leur cœur était déjà fermé à la lumière et ils demandent à Dieu des signes qui les éloigneraient définitivement de Lui si Jésus les donnait (Marc 15, 29-32). Leur orgueil se sent menacé et ne veut pas se laisser fragiliser par cette émouvante musique de l'Amour divin qui traverse toute la vie du Christ.

En ce temps propice à la conversion, cet évangile vient soulever le voile sur toute cette partie de notre cœur encore si étroite et inconstante. Notre premier effort de Carême consistera donc à vérifier la qualité de notre écoute dans la prière de chaque jour. Développant en notre foi une attitude contemplative, nous découvrirons cette " musique silencieuse " qui monte du plus profond de nous… et nous resterons en présence de Jésus, le Verbe du Père, le " silencieux amour " caché en nos cœurs venu pour donner sens à tous les instants de nos vies.

Et c'est pourquoi nous fuirons l'inconsistance désastreuse de l' adolescentrisme actuel ou s'exprime les délires d'une subjectivité hédoniste prisonnière de son propre vide…mais accueillant le Christ, nous justifierons en nos vies sa Sagesse en manifestant par la foi, l'humilité et l'Amour que nous exerçons notre " pouvoir de devenir enfants de Dieu " (Jean 1, 12) en lui devenant de plus en plus semblable.

 

 

Passerelles bibliques :    Proverbes 8, 1-36 / Jean 6, 35-51

3. A l’école du Cœur de Marie - Le Rosaire de la Paix

La musique silencieuse

Découvre moi ta présence !
Que la vision de ta beauté me tue !
Tu le sais bien, la maladie
D'amour ne peut être guérie
Que par la présence et le visage de l'aimé…

Mon bien-aimé est comme les montagnes,
Comme les vallées solitaires et boisées,
Comme les îles étrangères
Comme les fleuves retentissants
Comme le doux murmure des brises caressantes.

Il est pour moi la nuit tranquille,
Semblable au lever de l'aurore,
La musique silencieuse,
La solitude sonore,
Le festin qui recrée, en enflammant d'amour.

 

Saint Jean de la Croix,
Cantique spirituel, strophe 11-14-15

 

 

La femme attentive

En ce Carême qui nous invite à un cheminement de conversion renouvelé, notre regard se tourne vers Marie, image parfaite de l'Eglise. En Elle en effet nous contemplons la créature au cœur nouveau, la Femme attentive et prévenante, le disciple qui sait écouter et prier sans cesse, la Vierge du sacrifice silencieux.

Marie est la créature au " cœur nouveau " annoncé par les Prophètes. Dieu l'avait promis : " Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en cous un esprit nouveau " (Ez 36, 26).

Le déroulement historique de la vie de Marie, à partir de sa Conception Immaculée, se développa à l'ombre de l'Esprit ; mais surtout dans l'Annonciation elle reçut de l'Esprit Saint ce " cœur nouveau " qui la rendit docile à Dieu, capable d'accueillir son projet de salut et d'y correspondre par une fidélité absolue, pendant toute la vie. Elle est la " Vierge fidèle " : celle qui résume l'antique Israël et préfigure l'Eglise, mariée à Dieu pour toujours, dans la fidélité et dans l'amour (cf. Os 2, 21-22).

Jean-Paul II, 13 mars 1984

 

 

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