Parole du mois
Le 4 septembre 2004
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 
 

1. Premières Vêpres de la Résurrection

 

MARC 4, 21-25

Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. "




 

2. Commentaire de frère Marie-Van

 

DE LA CONTEMPLATION AU TEMOIGNAGE

  Jésus prend l'image de la maison : le lieu de la vie en famille, entre amis, au travail, en société ; la maison qui est aussi l'Eglise, le Corps du Christ, le Peuple des croyants. La lampe, c'est le mystère de la Parole qui vient se blottir au fond de nos cœurs. Et la Parole a son visage en Jésus-Christ car la Lumière a pris chair de la Vierge Marie pour demeurer parmi nous jusqu'à la fin du monde : " Moi, je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. " (Jn 8, 12)
Le croyant n'est-il pas d'abord celui qui écoute (Dt 6, 4-9 ; Rm 10, 14.17) ? Celui qui met en pratique la parole reçue et porte du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent ? (Mc 4, 13-20).
En ce temps de ténèbres parfois trop épaisses, le Seigneur nous appelle à " écouter " pour " témoigner ". Ce mystère de la Lumière qui vient à nous pour être mise non pas sous le boisseau, sous le lit, mais sur le lampadaire, n'est-il pas aussi le mystère de la Parole qui nous rend incandescent aux yeux du monde, témoins dans le Christ Jésus de l'Amour, de la Vérité, du Sens, de l'Espérance et du Bonheur présent et à venir ? Aux JMJ de Toronto, Jean-paul II disait aux jeunes : " Même une petite flamme qui vacille soulève le lourd manteau de la nuit ". De cette lumière je suis responsable (Mc 4, 24-25) : Dieu a pris le risque de l'Eglise, et la route de l'Eglise passe par l'homme (cf. JP II, Le Rédempteur de l'homme, n°14), et donc par moi, par toi, par nous. Le croyant qui met la Parole de Dieu au centre de sa vie devient alors lumière vivante pour tous les habitants de la maison !
Rappelons-nous le commencement de la Veillée Pascale : on allume le cierge pascal au feu nouveau, puis chacun reçoit la lumière. La procession s'avance vers l'église en suivant dans la nuit le cierge pascal, présence du Christ ressuscité. Souvent un protège flamme en verre empêche la flamme du cierge pascal de s'éteindre. Si ma flamme vacille, s'éteint, je me tourne vers mon voisin… ou je reviens à la source pour reprendre la lumière. Ainsi passe la lumière de cœurs en cœurs, entre les chrétiens et les hommes. C'est le mystère de l'Eglise en marche sur le visage de laquelle resplendit la clarté du Christ (Lumen Gentium n°1). Cette marche s'approfondit sur le chemin de la contemplation, va et vient entre l'écoute et le regard, entre la parole et la lumière. C'est en Marie, Buisson-Ardent qui ne cesse de brûler sans se consumer qu'il faut se réfugier. Elle protège nos flammes qui vacillent, elle nourrit le feu de notre témoignage, cela jusqu'à ce que " tous les serviteurs de Dieu voient Sa Face et l'adorent, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de nuit, jusqu'à ce que l'on se passe de lampe ou de soleil pour s'éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur tous sa lumière… " (Ap 22, 3-5).

Passerelles bibliques :    Isaïe 9, 1-6 / Jean 1, 1-13 / Éphésiens 5, 8-14

3. A l’école du Cœur de Marie - Le Rosaire de la Paix

UN VISAGE À CONTEMPLER

" Nous voulons voir Jésus " (Jn 12,21). Cette demande, présentée à l'Apôtre Philippe par quelques Grecs qui s'étaient rendus en pèlerinage à Jérusalem à l'occasion de la Pâque, résonne aussi spirituellement à nos oreilles en cette Année jubilaire. Comme ces pèlerins d'il y a deux mille ans, les hommes de notre époque, parfois inconsciemment, demandent aux croyants d'aujourd'hui non seulement de " parler " du Christ, mais en un sens de le leur faire " voir ". L'Église n'a-t-elle pas reçu la mission de faire briller la lumière du Christ à chaque époque de l'histoire, d'en faire resplendir le visage également aux générations du nouveau millénaire?

Notre témoignage se trouverait toutefois appauvri d'une manière inacceptable si nous ne nous mettions pas d'abord nous-mêmes à contempler son visage. Le grand Jubilé nous a assurément aidés à le faire d'une manière plus profonde. Au terme du Jubilé, tandis que nous reprenons le chemin de la vie ordinaire, conservant en nous la richesse des expériences vécues en cette période toute spéciale, notre regard reste plus que jamais fixé sur le visage du Seigneur.

Jean-Paul II,
Novo millennio ineunte,
n°16.


MARIE, MODELE DE CONTEMPLATION

La contemplation du Christ trouve en Marie son modèle indépassable. Le visage du Fils lui appartient à un titre spécial. C'est dans son sein qu'il s'est formé, prenant aussi d'elle une ressemblance humaine qui évoque une intimité spirituelle assurément encore plus grande. Personne ne s'est adonné à la contemplation du visage du Christ avec autant d'assiduité que Marie. Déjà à l'Annonciation, lorsqu'elle conçoit du Saint-Esprit, les yeux de son cœur se concentrent en quelque sorte sur Lui; au cours des mois qui suivent, elle commence à ressentir sa présence et à en pressentir la physionomie. Lorsque enfin elle lui donne naissance à Bethléem, ses yeux de chair se portent aussi tendrement sur le visage de son Fils tandis qu'elle l'enveloppe de langes et le couche dans une crèche (cf. Lc 2, 7).
À partir de ce moment-là, son regard, toujours riche d'un étonnement d'adoration, ne se détachera plus de Lui. Ce sera parfois un regard interrogatif, comme dans l'épisode de sa perte au temple: " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? " (Lc 2, 48); ce sera dans tous les cas un regard pénétrant, capable de lire dans l'intimité de Jésus, jusqu'à en percevoir les sentiments cachés et à en deviner les choix, comme à Cana (cf.Jn 2, 5); en d'autres occasions, ce sera un regard douloureux, surtout au pied de la croix, où il s'agira encore, d'une certaine manière, du regard d'une "femme qui accouche", puisque Marie ne se limitera pas à partager la passion et la mort du Fils unique, mais qu'elle accueillera dans le disciple bien-aimé un nouveau fils qui lui sera confié (cf. Jn 19, 26-27); au matin de Pâques, ce sera un regard radieux en raison de la joie de la résurrection et, enfin, un regard ardent lié à l'effusion de l'Esprit au jour de la Pentecôte (cf.Ac 1, 14).

Jean-Paul II,
Rosarium Virginis Mariae,
n°10.

 

 

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