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Jésus prend l'image de la maison : le lieu de
la vie en famille, entre amis, au travail, en société
; la maison qui est aussi l'Eglise, le Corps du Christ, le Peuple
des croyants. La lampe, c'est le mystère de la Parole qui vient
se blottir au fond de nos cœurs. Et la Parole a son visage en Jésus-Christ
car la Lumière a pris chair de la Vierge Marie pour demeurer
parmi nous jusqu'à la fin du monde : " Moi, je suis la
lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
mais aura la lumière de la vie. " (Jn 8, 12)
Le croyant n'est-il pas d'abord celui qui écoute (Dt 6, 4-9
; Rm 10, 14.17) ? Celui qui met en pratique la parole reçue
et porte du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent ? (Mc
4, 13-20).
En ce temps de ténèbres parfois trop épaisses,
le Seigneur nous appelle à " écouter " pour
" témoigner ". Ce mystère de la Lumière
qui vient à nous pour être mise non pas sous le boisseau,
sous le lit, mais sur le lampadaire, n'est-il pas aussi le mystère
de la Parole qui nous rend incandescent aux yeux du monde, témoins
dans le Christ Jésus de l'Amour, de la Vérité,
du Sens, de l'Espérance et du Bonheur présent et à
venir ? Aux JMJ de Toronto, Jean-paul II disait aux jeunes : "
Même une petite flamme qui vacille soulève le lourd manteau
de la nuit ". De cette lumière je suis responsable (Mc
4, 24-25) : Dieu a pris le risque de l'Eglise, et la route de l'Eglise
passe par l'homme (cf. JP II, Le Rédempteur de l'homme, n°14),
et donc par moi, par toi, par nous. Le croyant qui met la Parole de
Dieu au centre de sa vie devient alors lumière vivante pour
tous les habitants de la maison !
Rappelons-nous le commencement de la Veillée Pascale : on allume
le cierge pascal au feu nouveau, puis chacun reçoit la lumière.
La procession s'avance vers l'église en suivant dans la nuit
le cierge pascal, présence du Christ ressuscité. Souvent
un protège flamme en verre empêche la flamme du cierge
pascal de s'éteindre. Si ma flamme vacille, s'éteint,
je me tourne vers mon voisin… ou je reviens à la source pour
reprendre la lumière. Ainsi passe la lumière de cœurs
en cœurs, entre les chrétiens et les hommes. C'est le mystère
de l'Eglise en marche sur le visage de laquelle resplendit la clarté
du Christ (Lumen Gentium n°1). Cette marche s'approfondit sur
le chemin de la contemplation, va et vient entre l'écoute et
le regard, entre la parole et la lumière. C'est en Marie, Buisson-Ardent
qui ne cesse de brûler sans se consumer qu'il faut se réfugier.
Elle protège nos flammes qui vacillent, elle nourrit le feu
de notre témoignage, cela jusqu'à ce que " tous
les serviteurs de Dieu voient Sa Face et l'adorent, jusqu'à
ce qu'il n'y ait plus de nuit, jusqu'à ce que l'on se passe
de lampe ou de soleil pour s'éclairer, car le Seigneur Dieu
répandra sur tous sa lumière… " (Ap 22, 3-5).
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