Parole du mois
Le 4 juin 2005
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 

 

 

1. Premières Vêpres de la Résurrection

 

Matthieu 25, 14-30

C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune. A l'un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres. De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un s'en alla faire un trou en terre et enfouit l'argent de son maître.
Après un long temps, le maître de ces serviteurs arrive et il règle ses comptes avec eux.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança et présenta cinq autres talents : "Seigneur, dit-il, tu m'a remis cinq talents : voici cinq autres talents que j'ai gagnés. " "C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur".

Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents : "Seigneur, dit-il, tu m'as remis deux talents : voici deux autres talents que j'ai gagnés. " "C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur".

Vint enfin celui qui détenait un seul talent : "Seigneur, dit-il, j'ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n'as point semé, et tu ramasses où tu n'as rien répandu. Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. " Mais son maître lui répondit : "Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je ramasse où je n'ai rien répandu ? Eh bien ! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j'aurais recouvré mon bien avec un intérêt. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car à tout homme qui a, l'on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n'a pas, on enlèvera ce qu'il a. Et ce propre à rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. "

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

(Possibilité d'écouter en ligne ou de télécharger l'enregistrement audio de sa prédication durant les Vêpres)

 

La parabole des talents ou la vérité du coeur

  Cette parabole s'inscrit dans le discours eschatologique du Seigneur en Matthieu. Comme pour celle du majordome (Mt 24, 45) ou celle des dix vierges (Mt 25, 1), c'est l'épreuve du temps qui vérifie le cœur de l'homme : la qualité de sa foi et de son amour est intimement liée au retour du maître. C'est ce retour " imprévisible " qui donne sens au présent. Par le don d'une gérance ou de talents, le maître fait confiance et vérifiera le vécu de chacun à son arrivée…

    Mais il faut aller bien sûr plus loin que la simple réussite d'un contrat. Le maître, c'est le Seigneur. Les serviteurs, c'est nous… et c'est d'abord la vigilance de notre cœur dans la foi que la pédagogie du Christ met en relief : " Veillez donc ! … vous ne savez pas quel jour va venir votre maître !… " (Mt 24, 42). Celui qui aime ne se lasse pas d'attendre en prouvant son amour par des actes, si petits soient-ils : " En peu de choses, tu as été fidèle " (Mt 25, 21). Ce qui confirme l'intuition de Thérèse de Lisieux : " Jésus ne regarde pas tant à la grandeur des actions, ni même à leur difficulté qu'à l'amour qui fait faire ses actes. " (lettre 65)

     De fait, aux sources de cette parabole est posée la question dont tout dépend : quel visage de Dieu je porte en mon âme ? Celui du serviteur qui a peur du maître ou celui qui voit dans la confiance du maître sa bonté ? L'attente ne peut être féconde que si elle est habitée par la confiance. On choisit d'attendre et de travailler avec amour pour quelqu'un dont on se sait aimé… Ne nous trompons pas sur l'enjeu de la parabole : avant toute activité féconde, il s'agit de " pressentir " qui est le maître. Le malheur est de ne pas le connaître (Mt 25, 12) et c'est le péché du mauvais serviteur (Mt 25, 24). Être chrétien, c'est d'abord contempler Celui qui nous a tant aimés : " Tant que vous n'écoutez pas Jésus dans le silence de votre cœur, vous ne pourrez pas l'entendre dire " j'ai soif " dans le cœur des pauvres. " (Bienheureuse Mère Térésa)

 

Passerelles bibliques :    Matthieu 19, 27-30 / Luc 16, 9-13 / Matthieu 20, 9-16.

3. A l’école du Cœur de Marie - Le Rosaire de la Paix

Le féminin dans la foi

 

"La figure de la femme est indispensable à la cohérence de la foi biblique. Elle exprime la réalité de la Création, elle exprime la fécondité de la grâce. Quand dans le Nouveau Testament, les schémas abstraits de l'espérance fondée sur la bienveillance de Dieu pour son peuple reçoivent un nom concret et personnel en la figure de Jésus Christ, surgit aussi la figure de la femme. Celle-ci n'était alors perçue que de façon typologique en Israël et personnalisée provisoirement dans les grandes femmes d'Israël par leur nom, comme résumé personnel du principe femme. Or, le principe est réel seulement dans la personne; mais la personne, précisément par son caractère unique, renvoie toujours au-delà d'elle-même, à l'enveloppement qui la porte et la présente : Marie.

Nier ou rejeter le féminin dans la foi - disons concrètement : le caractère marial - conduit finalement à la négation de la Création et à la non réalisation de la grâce, à une représentation de la seule activité de Dieu faisant de la créature une marionnette. Le Dieu de la Bible est alors méconnu, lui qui se caractérise comme le Créateur et le Dieu de l'Alliance. Le Dieu pour qui le châtiment de la bien-aimée, sa répudiation devient même passion d'amour, Croix, ce que les Pères n'ont pas interprété en vain comme le déroulement des noces, comme cette douleur dans laquelle Dieu prend sur lui la douleur des infidèles pour les attirer irrévocablement à lui dans un Amour éternel."

Joseph Ratzinger, Benoît XVI
"La fille de Sion",
p 43-44.

 

 

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