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Cette Présence est attentive à notre quotidien. L'expérience
de ceux qui l'accueillent n'est point un vain mot dans les joies et
les épreuves, les combats et les échecs, la croix et
l'heure de la mort. Cette présence nous est donnée en
Dieu, dans le Christ, dans l'Esprit Saint, dans la Communion des saints.
Marie a une place organique dans le corps du Christ, selon l'ordre
de la vie divine répandue et communiquée parmi les hommes,
qu'explicitent les formules dogmatiques destinées à
repérer les articulations vitales de la Révélation.
Au point de départ de la nouvelle création, la sainteté
originelle a surgi en Marie, comme la pureté d'une aube, annonciatrice
du soleil de justice. Le Créateur formait la cellule première
de l'Église : Marie, prototype de la Sainte Eglise dans sa
foi et sa Communion au Christ, lui apprend à faire naître
Dieu en ce monde. Ainsi a-t-elle été, d'étape
en étape, le pur commencement de l'Église, dont elle
est aujourd'hui l'icône eschatologique.
La présence de Marie dans la Communion des saints n'est pas
de l'ordre du sentiment, même si elle inspire souvent des sentiments
admirables. Elle est d'abord de l'ordre de la foi. Elle est reconnaissance
de la place unique et prégnante faite à une femme pauvre,
presque une enfant, dans l'histoire du monde et l'œuvre du Salut.
La présence de Marie est prise de conscience de ce pur don,
que Dieu aime à mettre au point de départ de ses œuvres,
comme germe de ce qu'il veut étendre à tous : Abraham,
au point de départ de la foi; les apôtres, au point de
départ de l'Église; les saints fondateurs, à
l'origine des communautés d'Eglise. Ainsi Marie est-elle prototype
exemplaire de l'Église même et de tout chrétien.
Cette expérience chrétienne de la présence de
Marie dans la Communion des saints est nuit en même temps que
lumière, exigence en même temps que don, avenir de Dieu
en même temps que gage de ce qu'il nous invite à réaliser
à notre tour.
Dans nos vies comme dans l'Évangile et dans la liturgie, cette
présence comporte des temps faibles et des temps forts, ou
plutôt de discrétion et d'évidence tout comme
dans l'Écriture et la liturgie. Quels sont ces temps forts?
L'Ecriture et la liturgie mêmes les indiquent.
- Marie est d'abord la Vierge des commencements : Vierge de l'Annonciation,
de la naissance du Christ et de la naissance de l'Église :
au Calvaire et à la Pentecôte. Notre Dame de l'Avent.
- Elle est préposée aux transitions, elle en qui se
fait le passage de l'Ancien Testament au Nouveau, de la vie du Christ
au temps de l'Église, puis à la Gloire, mais aussi de
la vie, cachée à la vie publique par le signe de Cana.
- Elle est surtout la Vierge des transitions douloureuses, des nuits
et des croix. Sa mission de mère qu'elle a reçue au
Calvaire, c'est d'apporter la paix dans la croix même.
(René Laurentin, Marie,Mère du Seigneur, p322-323)
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