Parole du mois
Le premier novembre 2005
Elle est reçue aux premières vêpres de la Résurrection en communauté chaque premier samedi du mois et elle est suivie d’un court commentaire des fondateurs. L’ensemble (Parole et commentaire) est publié sur ce site deux ou trois jours après.
 

 

 

1. Premières Vêpres de la Toussaint

 

1Corinthiens 15, 44b-58

S'il y a un corps psychique, il y a aussi un corps spirituel. C'est ainsi qu'il est écrit : le premier homme, Adam, a été fait âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant. Mais ce n'est pas le spirituel qui paraît d'abord ; c'est le psychique, puis le spirituel. Le premier homme, issu du sol, est terrestre, le second, lui, vient du ciel. Tel a été le terrestre, tels seront aussi les terrestres ; tel le céleste, tels seront aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste.
Je l'affirme, frères : la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité. Oui, je vais vous dire un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. En un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité.
Quand donc cet être corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché, et la force du péché, c'est la Loi. Mais grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ !
Ainsi donc, mes frères bien-aimés, montrez-vous fermes, inébranlables, toujours en progrès dans l'œuvre du Seigneur, sachant que votre labeur n'est pas vain dans le Seigneur.

 


 

 

2. Commentaire de frère Marie-Michel

(Possibilité d'écouter en ligne ou de télécharger l'enregistrement audio de sa prédication durant les Vêpres)

 

Être chrétien, c'est attendre le christ

 En ce mois consacré plus spécialement à la prière pour les défunts, cette parole de Paul nous tourne vers le fondement absolu de notre foi. : la victoire du Christ sur la mort par Sa Sainte Résurrection. Et pour pouvoir dire avec l'Apôtre : " O Mort, où est ta victoire ? ", il faut croire que la puissance de la résurrection habite déjà notre cœur. La force du baptisé s'appuie sur la promesse de Jésus : " Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. " (Jn 3, 36) Car si nous regardons en vérité notre existence jusqu'à cet instant présent, nous finirons par voir toutes les fois où le Christ nous a déjà sauvés et ressuscités en son amour pour continuer à le suivre. Comme Israël faisant mémoire de sa sortie d'Egypte et des merveilles que fit pour lui le Seigneur au désert vers la terre promise, nous sommes appelés à rendre grâce pour toutes les Pâques connues ou inconnues où le Christ nous a fait passer avec Lui en vue du Royaume. Il faut voir et expérimenter dans la foi le "déjà" pour espérer en vérité le "pas encore".
Être chrétien, c'est vivre dans la perspective eschatologique du retour de Jésus. Le baptisé est par définition celui qui attend le Christ. Seule cette attente le garde libre, juste et disponible : " Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire […]. Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, […], réjouissez-vous ! […] Le Seigneur est proche. " (Ph 3, 20-21/ 4, 4-5)
Et c'est pourquoi ce temps doit voir plus que jamais l'Eglise vivre d'une grâce prophétique qui attire et interpelle l'homme contemporain. Il doit pouvoir saisir combien l'homme entre dans sa plénitude par le mystère de l'Incarnation…et, en ce sens, il doit pouvoir toucher et entrevoir dans la vie des chrétiens une Epiphanie de Dieu. Car, comprenons-le bien : " L'obstacle vient de la masse amorphe des croyants. Ce ne sont pas tant les chrétiens qui vivent dans un monde athée que l'athéisme qui vit à l'intérieur des chrétiens…[…] L'eschatologie biblique est qualitative, elle qualifie l'histoire par l'eschaton (l'ultime) et brise toute conception close ou statique. C'est le thème très riche de l'Exode : "Abraham partit sans savoir où il arriverait" (He 11,8) et sans retour possible à son point de départ : "Celui qui regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu." (Lc 9, 62) Le temps biblique brise le temps cyclique des retours éternels… "Je suis le Chemin, la Lumière, le Pain", ces noms du Seigneur résument l'Exode d'Israël nourri par la manne et conduit par la colonne de feu vers la terre promise. Mais maintenant, en Christ, c'est toute l'histoire qui prend la figure de l'Exode. " (Paul Evdokimov, L'amour fou de Dieu, p. 22-23) C'est parce que le Royaume est déjà " au milieu de nous " (Lc 17, 21) que le monde est finalisée par le retour du Christ.

 

Passerelles bibliques :    Mt 24, 29-31 / 2 Co 5, 1-7 / Ap 21, 1-8.

3. A l’école du Cœur de Marie - Le Rosaire de la Paix

" La présence de Marie "

Cette Présence est attentive à notre quotidien. L'expérience de ceux qui l'accueillent n'est point un vain mot dans les joies et les épreuves, les combats et les échecs, la croix et l'heure de la mort. Cette présence nous est donnée en Dieu, dans le Christ, dans l'Esprit Saint, dans la Communion des saints. Marie a une place organique dans le corps du Christ, selon l'ordre de la vie divine répandue et communiquée parmi les hommes, qu'explicitent les formules dogmatiques destinées à repérer les articulations vitales de la Révélation. Au point de départ de la nouvelle création, la sainteté originelle a surgi en Marie, comme la pureté d'une aube, annonciatrice du soleil de justice. Le Créateur formait la cellule première de l'Église : Marie, prototype de la Sainte Eglise dans sa foi et sa Communion au Christ, lui apprend à faire naître Dieu en ce monde. Ainsi a-t-elle été, d'étape en étape, le pur commencement de l'Église, dont elle est aujourd'hui l'icône eschatologique.
La présence de Marie dans la Communion des saints n'est pas de l'ordre du sentiment, même si elle inspire souvent des sentiments admirables. Elle est d'abord de l'ordre de la foi. Elle est reconnaissance de la place unique et prégnante faite à une femme pauvre, presque une enfant, dans l'histoire du monde et l'œuvre du Salut. La présence de Marie est prise de conscience de ce pur don, que Dieu aime à mettre au point de départ de ses œuvres, comme germe de ce qu'il veut étendre à tous : Abraham, au point de départ de la foi; les apôtres, au point de départ de l'Église; les saints fondateurs, à l'origine des communautés d'Eglise. Ainsi Marie est-elle prototype exemplaire de l'Église même et de tout chrétien.
Cette expérience chrétienne de la présence de Marie dans la Communion des saints est nuit en même temps que lumière, exigence en même temps que don, avenir de Dieu en même temps que gage de ce qu'il nous invite à réaliser à notre tour.
Dans nos vies comme dans l'Évangile et dans la liturgie, cette présence comporte des temps faibles et des temps forts, ou plutôt de discrétion et d'évidence tout comme dans l'Écriture et la liturgie. Quels sont ces temps forts? L'Ecriture et la liturgie mêmes les indiquent.
- Marie est d'abord la Vierge des commencements : Vierge de l'Annonciation, de la naissance du Christ et de la naissance de l'Église : au Calvaire et à la Pentecôte. Notre Dame de l'Avent.
- Elle est préposée aux transitions, elle en qui se fait le passage de l'Ancien Testament au Nouveau, de la vie du Christ au temps de l'Église, puis à la Gloire, mais aussi de la vie, cachée à la vie publique par le signe de Cana.
- Elle est surtout la Vierge des transitions douloureuses, des nuits et des croix. Sa mission de mère qu'elle a reçue au Calvaire, c'est d'apporter la paix dans la croix même.
(René Laurentin, Marie,Mère du Seigneur, p322-323)

   

 

 

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